Par Hadrien - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Les marchés des pays émergents continuent de prospérer.Ceux des pays développés sont à la traine.
Cela ne pouvait pas durer. Ces dernières années ont été aussi exhubérantes que la fin des années 1980, qui fut une époque faste. Les prix de l'immobilier ont flambé. Les
taux d'intérêt étaient faibles, il était facile d'emprunter. Pour beaucoup, c'était le moment de s'offrir la folie d'une résidence secondaire. Les plus privilégiés se payaient un
second Picasso. Mais l'euphorie est brutalement retombée à la mi-2007. Et, soudain, voici que l'avenir économique semble bien moins resplendissant. Pendant des années, les Etats-Unis ont
été le moteur de l'économie mondiale. De nombreux emplois dans le reste du monde dépendent -directement ou indirectement- de la volonté des consommateurs américains de
dépenser sans compter. Mais le double coup de semonce de l'effondrement du marché immobilier et du resserrement du crédit a fait ressurgir le spectre d'une récession. Puisqu'une crise aux Etats
Unis aurait des répercussions sur l'économie internationale, c'est là une éventualité qui doit inquiéter le monde entier.
Pourtant une récession américaine n'est pas inévitable et le scénario le plus probable est que les Etats Unis y échappent, auquel cas 2008
semble devoir être une année raisonnable pour l'économie mondiale dans son ensemble. Il y aura certes une légère augmentation des licenciements, mais la plupart des gens garderont leur
emploi. Les salaires augmenteront encore, mais plus lentement. Les entreprises continueront d'investir surtout dans les pays émergents. Pour autant, le soleil ne brillera pas pour tout le monde.
Dans beaucoup de pays, les propriétaires fonciers traverseront une mauvaise passe. Ceux qui se sont lourdement endettés en pensant que les prix de l'immobilier continueraient leur irrésistible
ascension vont se rendre compte que les lois de la gravité s'appliquent aussi aux marchés immobiliers. Le secteur de la construction peut également
s'attendre à une année difficile.
[...]
Entre temps, les marchés émergents seront en effervescence; si la Fed réussit à maintenir l'économie américaine à flot, ils ne risquent pratiquement pas
d'être touchés par les turbulences financières. De fait, de nombreux pays émergents sont désormais non plus des emprunteurs, mais des bailleurs de fonds qui apportent des capitaux au reste du
monde. La Chine constitue à cet égard un cas d'école: loin de connaitre un resserrement du crédit, elle a tant de liquidités qu'elle ne sait plus qu'en faire. Ses exportations accuseront un léger
ralentissement, car les Américains se montreront moins friands de produits étrangers.
Mais ses dépenses intérieures , en investissement comme en biens de consommation, continueront de s'inscrire résolument à la hausse. L'Inde et la Russie resteront également très actives, grâce
respectivement à un secteur tertiaire fort et à un cours élevé du pétrole, et la plupart des autres marchés émergents se débrouilleront bien.
Les risques sont élevés , plus qu'ils ne l'ont jamais été depuis bien des années. L'économie mondiale pourrait en pâtir. Mais il semble plus problable que l'année à venir confirme le déplacement des zones de croissance dans le monde. Les pays en développement prendront beaucoup d'avance, affichant une croissance d'environ 7,5%, de quoi faire pâlir d'envie les pays riches, qui, avec une performance de 1,8%, resteront à la traîne.
Après une décennie favorable aux Etats-Unis, les marchés émergents tireront leur épingle du jeu.
Robin Bew, Directeur éditorial de l'Economist Intelligence Unit - Hors Série n°22, Courrierinternational (Dec.07)

A L'ALLEMANDE ...

L’empire du Milieu vécut une expérience similaire. La muraille de Chine,
haute à certains endroits de 16 m et longue de 6 500 km, ne l’a pas préservé des invasions. Des étrangers ont même réussi à y fonder des dynasties impériales. La muraille de Chine nous enseigne
qu’une frontière infranchissable et impénétrable ne saurait exister.
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